La Casuarina, navire de l’expédition de Baudin (1800–1804)

Après plus de deux ans de voyage autour des côtes de la « Nouvelle-Hollande » (l’actuelle Australie) et de la Tasmanie, Baudin décide en 1802 d’alléger l’expédition en renvoyant le Naturaliste en France avec les collections scientifiques déjà accumulées. Pour le remplacer et poursuivre les relevés cartographiques côtiers de près, il se met en quête d’un petit navire léger capable de naviguer en eaux peu profondes.

C’est ainsi qu’il fait l’acquisition de la goélette Casuarina à Port Jackson (Sydney), en Nouvelle-Galles du Sud, durant l’escale de juin–novembre 1802.

Acquisition et construction — Baudin achète le navire en septembre 1802 auprès des entrepreneurs locaux James Underwood et Henry Kable, qui la construisaient à Sydney. Le gouverneur colonial Philip Gidley King autorise cette transaction, estimant qu’elle servira « l’avancement des sciences et de la navigation » dans le contexte de l’expédition.

La Casuarina est mise en service le 23 septembre 1802 à Port Jackson. Construite en bois de casuarina (un arbre australien connu en anglais sous le nom de sheoak), elle en tire son nom. D’après les témoignages du lieutenant Louis-Claude de Saulces de Freycinet, qui en prit le commandement, la goélette était cependant de fabrication assez sommaire (« très mal construite, et encore plus mal agencée »), ce qui la rendait peu maniable et sujette aux voies d’eau par gros temps.

Commandement et mission — Le lieutenant Louis-Claude de Freycinet (21 ans) est nommé par Baudin commandant de la Casuarina, secondé par le géographe Charles-Pierre Boullanger, chargé des relevés côtiers. L’objectif principal de ce petit navire est de conduire des levés hydrographiques rapprochés du littoral, tâche difficile voire impossible pour la grande corvette Géographe.

Grâce à son faible tirant d’eau, la Casuarina peut s’aventurer dans les baies, estuaires et hauts-fonds côtiers pour cartographier au plus près les rivages australiens. En janvier 1803, elle contribue notamment aux reconnaissances des golfes Saint‑Vincent et Spencer, pendant que le Géographe mouille à la baie Nepean.

Destin du navire — Les navires atteignent l’Île‑de‑France (Maurice) en août 1803. Conformément aux instructions de Baudin, la Casuarina est alors abandonnée sur place et mise à disposition des autorités coloniales locales. Son service au sein de l’expédition s’achève dans les eaux mauriciennes en 1803.

NomLa Casuarina
TypePetite goélette
Jauge30 tonneaux (jauge brute)
Longueur≈ 29 pieds (≈ 8,9 m)
Équipage14 hommes
ConstructionChantier Kable & Underwood, Port Jackson (Sydney)
MatériauCharpente en bois de casuarina (sheoak)
Tirant d’eauFaible, adapté aux eaux côtières (fonds peu profonds)
AcquisitionSeptembre 1802 (Port Jackson)
Mise en service23 septembre 1802
CommandantLt Louis‑Claude de Saulces de Freycinet
MissionLevés hydrographiques et cartographie côtière rapprochée
SortAbandonné à l’Île‑de‑France (Maurice) en 1803
Acquisition (coût) Échange approuvé par le gouverneur King (marchandises coloniales : alcool, toile, cordage, fer, poudre) + 50 £
Citation de Baudin (lettre adressée à Jussieu) « En remplacement du Naturaliste, je me suis décidé à faire l’achat d’un petit bâtiment de trente tonneaux, que j’ai nommé le Casuarina, parce qu’il est construit en grande partie du bois qui porte ce nom. Cette petite embarcation va désormais m’accompagner, et me sera de la plus grande utilité. Si je l’avois eue plus tôt, quelques lieux où je n’ai pu pénétrer ne seroient pas restés sans examen. Son peu de tirant d’eau me mettra à même d’aborder par-tout. »
La Casuarina
La Casuarina accompagne le Géographe et le Naturaliste, détail du cartouche de la carte de Freycinet
La Casuarina

La Casuarina, vessel of the Baudin expedition (1800–1804)

After more than two years of surveying the coasts of “New Holland” (present‑day Australia) and Tasmania, Baudin decided in 1802 to lighten the expedition by sending the Naturaliste back to France with the scientific collections already gathered. To continue coastal surveys at close range, he sought a small, light vessel able to work in shallow waters.

He therefore acquired the schooner Casuarina at Port Jackson (Sydney), New South Wales, during the June–November 1802 stopover.

Acquisition and construction — Baudin purchased the vessel in September 1802 from local entrepreneurs James Underwood and Henry Kable, who were building her in Sydney. Governor Philip Gidley King authorised the transaction, considering it beneficial to “the advancement of science and navigation”.

Casuarina entered service on 23 September 1802 at Port Jackson. Built largely from casuarina wood (known in English as sheoak), she took her name from that timber. Lieutenant Louis‑Claude de Saulces de Freycinet, who commanded her, later described the schooner as poorly built and prone to heavy leaks in rough weather.

Command and mission — Freycinet was appointed commander, assisted by the geographer Charles‑Pierre Boullanger for coastal surveying. Thanks to her shallow draught, Casuarina could enter bays, estuaries and shoals to chart the shoreline more closely than the larger corvette Géographe.

Fate — The expedition reached Île‑de‑France (Mauritius) in 1803. Following Baudin’s instructions, Casuarina was left there and made available to the local colonial authorities. Her service with the expedition ended in 1803.

NameLa Casuarina
TypeSmall schooner
Tonnage30 tons (gross register)
Length≈ 29 ft (≈ 8.9 m)
Crew14
BuilderKable & Underwood, Port Jackson (Sydney)
MaterialCasuarina wood (sheoak)
DraughtShallow, suited to near‑shore surveying
AcquiredSeptember 1802 (Port Jackson)
In service23 September 1802
CommanderLt Louis‑Claude de Saulces de Freycinet
RoleClose‑coast hydrographic surveying and charting
FateLeft at Île‑de‑France (Mauritius) in 1803
Purchase (cost) Governor King approved a barter (colonial goods) plus £50 in cash
Baudin quotation (letter to Jussieu) “As a replacement for the Naturaliste, I decided to purchase a small vessel of thirty tons, which I named Casuarina because it is built largely of the wood that bears that name. This small craft will now accompany me and will be of the greatest use. Had I had her earlier, some places I could not enter would not have remained unexamined. Her shallow draught will enable me to put in everywhere.”
La Casuarina
La Casuarina accompanies Le Géographe and Le Naturaliste, detail from the cartouche of Freycinet’s map
Casuarina