Cap Berthoud - Cape Grim

Île Berthoud - Berthoud Island

Page de titre de l'ouvrage de Ferdinand Berthoud Planche des explications de la montre marine de Ferdinand Berthoud
Page de titre de Histoire de la mesure du temps par les horloges, t. 1, de Berthoud, 1802, avec, à gauche, les dessins explicatifs de la montre marine no 8 essayée par Fleurieu et Pingré, et, à droite, ceux de la montre no 63 (planche XIII, explication p. 301).
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, V-8709.
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30096174h
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9643139h/f437.item
Montre marine no 31 de Louis Berthoud
Montre marine no 31, vers 1793, par Louis Berthoud. Utilisé par Nicolas Baudin, cet instrument était considéré comme un bien officiel de la Marine et fut restitué à la Marine française à l'issue de l'expédition. © Musée national de la Marine.

Ferdinand Berthoud, né en 1727 à Plancemont, près de Couvet, dans la principauté de Neuchâtel, aujourd'hui en Suisse, et mort en 1807 à Groslay, en France, devint maître horloger à Paris et compta parmi les principaux spécialistes européens des chronomètres de marine. Après les essais concluants de ses horloges marines nos 6 et 8 en 1768 par Fleurieu et Pingré, à bord de la corvette L'Isis, lors d'un voyage de retour de Rochefort à Saint-Domingue, il fut nommé horloger-mécanicien du Roi et de la Marine. Ses instruments furent embarqués sur plusieurs grandes expéditions françaises, notamment celles de Kerguelen, de La Pérouse et de d'Entrecasteaux.

Les ouvrages de Ferdinand Berthoud faisaient également partie de la culture scientifique dans laquelle s'inscrivait l'expédition. Son Traité des horloges marines et son Traité des montres à longitudes exposaient les principes et les procédés de construction des montres marines, tandis que son Histoire de la mesure du temps par les horloges, publiée en 1802, proposait une réflexion plus large sur l'histoire de la mesure du temps à travers la mécanique horlogère.

Son neveu Louis Berthoud poursuivit et développa cet héritage. Formé dès 1769 dans l'atelier parisien de Ferdinand, il devint à son tour l'un des principaux fabricants français de chronomètres de marine. L'expédition Baudin reçut quatre montres marines Louis Berthoud, numérotées 27, 31, 35 et 38. Les nos 31 et 38 furent embarquées sur Le Géographe, tandis que les deux autres prirent place à bord du Naturaliste.

Pour prendre l'exemple du cap Berthoud, pour calculer sa longitude, Boullanger devait comparer l'heure indiquée par la montre no 38, conservant l'heure d'un méridien de Paris, Greenwich n'étant pas encore devenu la référence universelle, avec l'heure locale du lieu où se trouvait le navire, déterminée d'après la position du Soleil ou des astres. L'écart entre l'heure de Paris et l'heure locale était ensuite converti en degrés, à raison de quinze degrés de longitude par heure. La marche de la montre devait en outre être régulièrement contrôlée et corrigée, l'humidité et les variations de température pouvant affecter le mécanisme et en modifier le rythme.

Le nom de cap Berthoud rappelle ainsi le rôle essentiel joué par les instruments de mesure du temps dans la reconnaissance hydrographique des côtes, tandis que l'île Berthoud prolonge, dans le groupe des îles de l'Institut, l'hommage rendu à une lignée d'horlogers dont les travaux étaient étroitement liés aux progrès de la navigation savante. On connaît aujourd’hui trois montres marines fabriquées par Louis Berthoud qui ont été conservées : la no 31 au Musée national de la Marine à Paris, la no 38 dans une collection privée et la no 35 dans la collection Silentworld.

Références

Myriam Volorio Perriard, « Berthoud », dans Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version de 1997 (article de l'ouvrage imprimé, remanié le 20.02.2017). En ligne :

https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/024951/2017-02-20/

J.-P. Chollet (1984), « La dynastie Berthoud », Chronometrophilia, 17, p. 95-112.