Pierson occupait une place singulière dans l’expédition : bénédictin de formation, professeur de mathématiques et astronome, il profitait également des périodes passées à l’observatoire pour donner des leçons d’astronomie aux marins qui venaient y travailler ou assister aux observations. Son enseignement semble avoir été apprécié, ajoutant à son rôle d’astronome celui de transmetteur des connaissances à bord de l’expédition. Ses registres conservés aux Archives nationales témoignent de son activité d’observateur, mais aussi d’une méthode de travail particulièrement rigoureuse. Très soignés, clairement organisés et rédigés d’une écriture fine et nette, ils donnent l’impression d’un homme méthodique et attentif au détail. Cette présentation très ordonnée correspond assez bien à l’image de douceur et de mesure que les témoignages de ses compagnons donnent de sa personnalité.
Dans le contexte de la Révolution française, sa position religieuse paraît avoir été relativement atypique. Il aurait prêté serment à la Constitution civile du clergé, mais les témoignages conservés insistent surtout sur son caractère conciliant et sur les bonnes relations qu’il entretenait avec les membres de l’expédition malgré leurs divisions politiques.
Pierson mourut à Java en 1794 de dysenterie, alors que l’expédition se trouvait immobilisée dans les possessions hollandaises, pendant l’attente de l’autorisation de quitter Batavia.