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Chart (fair copy) of the Gulf of Mélomanie (southern part) – 1802–1803

This synthesis nautical chart, described as a minute (fair copy), washed with colour and accompanied by coastal profiles—an excerpt of which is presented here—was produced under the direction of the expedition commander, Nicolas Baudin. Entitled “Fourteenth sheet. End of the Gulf of Mélomanie, at the extremity of which is located Port of Confidence, which, according to verbal reports made to me… the entire outline of the port being surrounded by high wooded mountains… offers safe shelter…”, it was drawn up by Charles-Pierre Boullanger, geographical engineer, between 26 April 1802 and 28–29 January 1803 (ANF, MAR, 6JJ//B, item 88).

The numerous erasures and corrections visible on the chart testify to the major toponymic revision undertaken upon the expedition’s return, with successive hesitations and adjustments that accompanied its official publication.

This general map of New Holland and the archipelagos of the Great Ocean, drawn in 1807 by Charles-François Beautemps-Beaupré, hydrographer of the d’Entrecasteaux expedition (1791–1793), is the first plate of the voyage’s official atlas. It shows not only some toponyms assigned at the expedition commander’s initiative, but also those inherited from earlier voyages, notably Dutch and English ones.

Beautemps-Beaupré’s approach is part of the development, during the 18th century, of an increasingly transnational maritime cartography, in which charts were regularly revised, expanded or corrected by European navigators on the basis of existing documents. This cumulative practice reflects the wider circulation of hydrographic knowledge across Europe.

Considered the father of modern hydrography, Beautemps-Beaupré contributed to the mapping of the Australian coasts with an unprecedented precision for the time, based on observational and surveying methods that became lasting reference standards.

The atlas’s late publication is explained in part by the seizure in 1794, by the British authorities, as prizes of war, of the sixty-five copies of the fair charts produced by Beautemps-Beaupré during the d’Entrecasteaux expedition; they were returned only with the Peace of Amiens in 1802.

This chart belongs to the context of a Franco–British controversy over the priority of a complete cartographic representation of the continent. While he was detained on the Isle de France (today Mauritius), the British navigator Matthew Flinders had in fact completed, as early as 1804, a comparable fair chart entitled Australia or Terra Australis. Copies were sent to Joseph Banks and to the British Admiralty; however, publication was delayed until 1814, after Flinders’s return to London in 1810.

The near-contemporaneous publication, in France and Great Britain, of these charts—based on surveys from contemporary expeditions—fuelled lasting debates about chronology, circulation, and the respective recognition of the hydrographic and geographical work of the two nations.

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Carte (minute) du golfe de la Mélomanie (partie méridionale) - 1802-1803

Cette carte marine de synthèse, qualifiée de minute ou de carte au net, mise en couleur au lavis et accompagnée de profils de côtes — dont un extrait est présenté ici — fut réalisée sous la direction du commandant de l’expédition, Nicolas Baudin. Intitulée « Quatorzième feuille. Fin du golfe de la Mélomanie, à l’extrémité duquel se trouve le port de la Confiance, qui, d’après les rapports verbaux qui m’ont été faits… tout le contour du port étant entouré de hautes montagnes boisées… offre un abri assuré… », elle fut dressée par Charles-Pierre Boullanger, ingénieur géographe, entre le 26 avril 1802 et les 28–29 janvier 1803 (ANF, MAR, 6JJ//B, pièce 88).

Les nombreuses ratures et corrections visibles sur la carte témoignent du très important travail de révision toponymique dont la carte fut l’objet au retour de l’expédition, avec les hésitations et ajustements successifs qui ont accompagné son édition officielle.

Cette carte générale de la Nouvelle-Hollande et des archipels du Grand Océan, dressée en 1807 par Charles-François Beautemps-Beaupré, hydrographe de l’expédition d’Entrecasteaux (1791–1793), constitue la première planche de l’atlas officiel du voyage. Elle fait apparaître non seulement certains toponymes attribués à l’initiative du commandant de l’expédition, mais aussi ceux hérités de voyages antérieurs, notamment hollandais et anglais.

La démarche de Beautemps-Beaupré s’inscrit dans le développement, au cours du XVIIIᵉ siècle, d’une cartographie maritime de plus en plus transnationale, au sein de laquelle les cartes étaient régulièrement révisées, complétées ou corrigées par les navigateurs européens à partir des documents existants. Cette pratique cumulative témoigne d’une circulation élargie des savoirs hydrographiques à l’échelle européenne.

Considéré comme le père de l’hydrographie moderne, Beautemps-Beaupré contribua à la cartographie des côtes australiennes avec une précision alors inégalée, fondée sur des méthodes d’observation et de levé qui firent durablement référence.

La publication tardive de l’atlas s’explique en partie par la confiscation en 1794, par les autorités britanniques, à titre de prises de guerre, des soixante-cinq copies des minutes dressées par Beautemps-Beaupré lors de l’expédition d’Entrecasteaux ; celles-ci ne furent restituées qu’à l’occasion de la paix d’Amiens en 1802.

Cette carte s’inscrit dans le contexte d’une controverse franco-britannique relative à la priorité de la représentation cartographique complète du continent. Alors qu’il était détenu à l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice), le navigateur britannique Matthew Flinders avait en effet achevé, dès 1804, une carte au net comparable, intitulée Australia or Terra Australis. Des copies en avaient été transmises à Joseph Banks et à l’Amirauté britannique ; toutefois, sa publication fut retardée et n’eut lieu qu’en 1814, après le retour de Flinders à Londres en 1810.

La publication rapprochée, en France et en Grande-Bretagne, de ces cartes fondées sur des relevés issus d’expéditions contemporaines alimenta des débats durables portant sur la chronologie, la diffusion et la reconnaissance respective des travaux hydrographiques et géographiques des deux nations.